Raser un îlot entier en plein centre-ville devrait être interdit

Dernière mise à jour il y a 2 jours, le 18/03/2020

Genre de texte Informatif (rapport statistique ou d'activité, encyclopédie, manuel scolaire,...)

Date de publication 11/03/2020

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Origine Internet / web

langue français

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Le projet de démolition-reconstruction place De Brouckère nie les urgences environnementales et sociales et ne respecte pas le patrimoine. La Région et la Ville doivent fermement s’opposer à cette demande de permis qui va à l’encontre de tous leurs engagements politiques.

Ce projet pose question à de nombreux égards :

la démolition-reconstruction de plus de 43.000 m² de superficies de plancher a forcément un coût environnemental très conséquent : gaspillage des ressources existantes, utilisation de matières premières et importants émissions de CO2 pour la production de matériaux neufs, charroi pour évacuer les « déchets » issus de la démolition et acheminer les nouveaux matériaux, etc. ;

la création de 183 logements sans, a priori, aucun quota de logements sociaux ou moyens alors que la Région connaît une crise du logement « abordable » depuis plusieurs décennies et que la déclaration de politique générale engage la majorité à « un objectif de pouvoir apporter une solution concrète à 15.000 ménages bruxellois en attente d’un logement social » ;

la création de 129 logements étudiants qui viendrait alimenter une offre sur un marché privé en pleine expansion dans le centre-ville (car très rentable) mais qui ne correspond pas à la demande de kots « abordables » ;

la création d’un parking de 224 emplacements (201 pour voitures et 23 pour deux-roues motorisés) alors qu’on se situe en plein piétonnier, dans une zone excellemment bien desservie en transports en commun et qui compte déjà un nombre pléthorique de places de parking ;

des choix qui ne respectent pas le patrimoine existant et qui ont amené la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) à rendre un avis défavorable sur le projet.


Le projet « De Brouckère » se présente sous les atours « vertueux » de la réintroduction de mixité fonctionnelle dans un îlot aujourd’hui presqu’exclusivement dédié aux bureaux.

Dans un communiqué du 23 janvier[1], le promoteur évoque également « une attention pour la nature et la mobilité » et « le respect du patrimoine existant » pour décrire son projet.

Ce vernis grossier ne fait pas illusion :

Comment peut-on se prétendre attentif à la nature tout en projetant une démolition-reconstruction d’un îlot entier, synonyme de gaspillage de ressources et d’émissions conséquentes de CO2 ?

Comment peut-on se prétendre attentif à la mobilité alors que le projet prévoit d’augmenter le nombre de places de parking, en plein cœur du piétonnier, où l’accessibilité piétonne, cycliste et en transports en commun est excellente ?

Comment peut-on prétendre respecter le patrimoine existant quand la CRMS émet un avis « sanglant »[2] à l’encontre du projet ?

L’ARAU ne peut pas croire que la Ville et la Région puissent se laisser piéger par ces grosses ficelles, ni qu’elles puissent admettre que les logements « classiques » et étudiants ne répondent pas à la demande sociale.

Le projet d’Immobel doit être complètement revu :

Sur le plan environnemental, en maintenant et en rénovant les bâtiments existants ;
Sur le plan social, en proposant des logements « classiques » et étudiants correspondant à la demande sociale donc du logement social ;
Sur le plan de la mobilité, en ne créant aucun parking pour voitures individuelles ;
Sur le plan patrimonial, en se conformant à l’avis de la CRMS.


NOTES

[1] Le nouveau De Brouckère : de nombreux espaces ouverts, de la lumière et de l’air, communiqué de presse du 23 janvier 2020 https://www.immobel.be/fr/file/file/1603/inline/2020%2001%2023%20De%20Brouckere%20CP%20launch%20FR.pdf

[2] « Les Monuments et Sites s’inquiètent pour l’îlot De Brouckère » in Le Soir, 8 février 2020.
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Le projet de démolition-reconstruction place De Brouckère nie les urgences environnementales et sociales et ne respecte pas le patrimoine. La Région et la Ville doivent fermement s’opposer à cette demande de permis qui va à l’encontre de tous leurs engagements politiques.

Ce projet pose question à de nombreux égards :

la démolition-reconstruction de plus de 43.000 m² de superficies de plancher a forcément un coût environnemental très conséquent : gaspillage des ressources existantes, utilisation de matières premières et importants émissions de CO2 pour la production de matériaux neufs, charroi pour évacuer les « déchets » issus de la démolition et acheminer les nouveaux matériaux, etc. ;

la création de 183 logements sans, a priori, aucun quota de logements sociaux ou moyens alors que la Région connaît une crise du logement « abordable » depuis plusieurs décennies et que la déclaration de politique générale engage la majorité à « un objectif de pouvoir apporter une solution concrète à 15.000 ménages bruxellois en attente d’un logement social » ;

la création de 129 logements étudiants qui viendrait alimenter une offre sur un marché privé en pleine expansion dans le centre-ville (car très rentable) mais qui ne correspond pas à la demande de kots « abordables » ;

la création d’un parking de 224 emplacements (201 pour voitures et 23 pour deux-roues motorisés) alors qu’on se situe en plein piétonnier, dans une zone excellemment bien desservie en transports en commun et qui compte déjà un nombre pléthorique de places de parking ;

des choix qui ne respectent pas le patrimoine existant et qui ont amené la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) à rendre un avis défavorable sur le projet.


Le projet « De Brouckère » se présente sous les atours « vertueux » de la réintroduction de mixité fonctionnelle dans un îlot aujourd’hui presqu’exclusivement dédié aux bureaux.

Dans un communiqué du 23 janvier[1], le promoteur évoque également « une attention pour la nature et la mobilité » et « le respect du patrimoine existant » pour décrire son projet.

Ce vernis grossier ne fait pas illusion :

Comment peut-on se prétendre attentif à la nature tout en projetant une démolition-reconstruction d’un îlot entier, synonyme de gaspillage de ressources et d’émissions conséquentes de CO2 ?

Comment peut-on se prétendre attentif à la mobilité alors que le projet prévoit d’augmenter le nombre de places de parking, en plein cœur du piétonnier, où l’accessibilité piétonne, cycliste et en transports en commun est excellente ?

Comment peut-on prétendre respecter le patrimoine existant quand la CRMS émet un avis « sanglant »[2] à l’encontre du projet ?

L’ARAU ne peut pas croire que la Ville et la Région puissent se laisser piéger par ces grosses ficelles, ni qu’elles puissent admettre que les logements « classiques » et étudiants ne répondent pas à la demande sociale.

Le projet d’Immobel doit être complètement revu :

Sur le plan environnemental, en maintenant et en rénovant les bâtiments existants ;
Sur le plan social, en proposant des logements « classiques » et étudiants correspondant à la demande sociale donc du logement social ;
Sur le plan de la mobilité, en ne créant aucun parking pour voitures individuelles ;
Sur le plan patrimonial, en se conformant à l’avis de la CRMS.


NOTES

[1] Le nouveau De Brouckère : de nombreux espaces ouverts, de la lumière et de l’air, communiqué de presse du 23 janvier 2020 https://www.immobel.be/fr/file/file/1603/inline/2020%2001%2023%20De%20Brouckere%20CP%20launch%20FR.pdf

[2] « Les Monuments et Sites s’inquiètent pour l’îlot De Brouckère » in Le Soir, 8 février 2020.
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